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CHAPITRE 3 : LES MUTATIONS SOCIALES ET ECONOMIQUES DE L’UNION EUROPEENNE
Problématique : Comment expliquer le décalage entre une représentation géopolitique souvent négative (déclin, impuissance, marginalisation, etc.)
et le fait que l’Europe soit un grand pôle démographique, économique et social ? Faut-il y voir la conséquence des profondes mutations socio-
économiques que connaît le continent, les déficits d’une Europe sociale de moins en moins solidaire ou la responsabilité d’autres facteurs ?
Chiffres clés (UE à 25)
Population 458.5 millions d’habitants, 92 habitants/km2
Immigration 56 millions de migrants , soit 32% du total mondial
Pauvreté 72 millions de pauvres, soit 16% population
Urbanisation 78% d’urbains, continent le plus urbanisé du monde
INTRODUCTION
De considérables mutations sociales et économiques depuis 50 ans, qui peuvent être vécues comme déstabilisatrices et expliquer l’europessimisme.
Pourtant à l’échelle mondiale, l’Europe apparaît comme un grand pôle démographique dynamique et attractif (cf. les 2,3 M de réfugiés politiques
qu’elle accueille : rôle majeur dans la protection des droits de l’homme).
Une attractivité et une puissance qui s’expliquent par le fort développement économique depuis 1950 :
- l’Europe n’a jamais autant produit de richesses globales malgré les chocs depuis les années 1970.
- certains grands pays stagnent : ce dynamisme global (qui repose sur l’effort d’innovation) reste diversifié suivant les acteurs économiques et
sociaux : fossé entre riches de l’Ouest et pauvres de l’Est et croissances différenciées (cas des progrès de l’Espagne, la Grèce, le Portugal et
l’Irlande notamment).
Cette évolution économique s’est accompagnée d’une augmentation de la population active (démographie, besoins sectoriels et organisation du
marché du travail) :
- Surtout depuis 30 ans dans les petits pays périphériques de l’UE (pas à l’Est à cause du choc de la transition et de l’intégration).
- Types et qualité des emplois ont varié au profit de plus de « flexibilité » et de libéralisation.
- Productivité multipliée par 5 depuis 1950, mais freinée par un manque d’investissements (≠ des Etats-Unis ou Japon), d’où un chômage de
masse qui renforce pauvreté et exclusion sociale.
Une société parmi les plus urbanisées du monde :
- Un processus de longue durée : dynamiques économiques et sociales localisées dans les centres urbains, fortement hiérarchisés.
- Des métropoles bien intégrées, parmi les principaux centres de développement de la planète
I/ L’EUROPE : UN GRAND PÔLE DEMOGRAPHIQUE ATTRACTIF
1/ Un grand pôle démographique dynamique
a/ Un grand pôle démographique densément peuplé
- Un des plus grands foyers de population de la planète : 500 M habitants sans la Russie, 9,5% population mondiale, 4,4% des terres émergées. UE à
25 avec 459 M en 2005 est > à Amérique du Nord (323 M) et Japon (127 M).
- La présence d’une forte densité humaine (92hab/km2 mais nombreux espaces à plus de 400 hab/km2, est le produit d’une très longue histoire : des
territoires globalement bien mis en valeur avec haut niveau d’équipement [carte p113]
- Les milieux les plus défavorables sont les hautes terres froides septentrionales, les hauts dispositifs montagnards (Pyrénées Alpes Carpates
Balkans) et certaines moyennes montagnes (Massif central…)
- Les hommes se concentrent dans les grands bassins sédimentaires, les grandes vallées fluviales (axes rhénan et danubien, du Piémont
septentrional) et sur les littoraux. Ces densités sont aussi l’héritage du formidable développement économique de la partie Occidentale de
l’Europe.
- Sur la carte : plus grosses densités au niveau de la mégalopole Londres – Amsterdam- Francfort- Milan. Densités de plus en plus faibles en
s’éloignant de chaque côté de cet axe.
b/ Une transition démographique avancée
- Europe historiquement marquée par la précocité de sa transition démographique : natalité baisse globalement à partir des années 1880 ; puis la
croissance naturelle baisse progressivement (taux de natalité qui passe de 21 à 10 entre 1960 et 2000). En conséquence une explosion démographique
au XIXè qui fait doubler la population continentale (+ 150 M), ce qui permet de peupler les empires coloniaux et les nouveaux mondes grâce à
l’émigration de 50 M d’Européens.
- La croissance est dynamique après 1945 cependant en raison du baby boom notamment et de l’immigration : +80 M entre 1960 et 2005 : donc pas
de dépopulation.
- Depuis trois décennies cependant, un ralentissement de la croissance dû à une baisse généralisée de la fécondité : en moyenne 2,6 enfants par
femmes dans les 1960, 1,9 en 1980 et 1,5 en 2004 (de 1,6 à 4 selon les pays en 1972, de1,2 à 2 en 2002). En 2003, 12 Etats voient leurs décès
dépasser les naissances (croissance naturelle donc négative) :
- de fortes inégalités géographiques dans ce phénomène, lié à 2 épisodes démographiques et 2 espaces différents :
- En Europe occidentale : Le Sud reste prolifique jusqu’aux années 1970 alors que la natalité s’effondre au Nord. Après 1970, le Sud
voit également la natalité s’effondrer (hausse du niveau de vie, statut des femmes, déclin de la religion).
- effondrement de la natalité en Europe de l’Est en transition (-40% de naissances) après 1990.
- Au total, de très fortes variations nationales et régionales en Europe (facteurs socio-économiques et/ou culturels). En 2005, taux de
natalité : 14,3‰ en Irlande, 8,3‰ en Lettonie.
- en revanche, l’espérance de vie progresse partout de façon sensible (+ 3 ans ces 10 dernières années).
- Sensible recul de la mortalité lié à la hausse du niveau de vie et aux progrès de santé et éducation.
- D’où vieillissement (hausse de la part des plus de 65 ans à 16,5%) et transformation des comportements familiaux (baisse des
mariages, hausse des divorces, hausse des naissances hors mariage) ; ainsi, la population de l’UE devrait baisser à 450 M d’ici 2050.
- Souvent dénoncé par les milieux les plus conservateurs, ce phénomène est en fait dans la continuité du développement économique et social.
L’explosion des dépenses de santé et de retraite rend inéluctable l’augmentation du temps de cotisation, de la capitalisation et la baisse des
prestations. Le tout est cependant finançable avec les énormes gains de productivité.
Les systèmes de retraite européens : entre répartition et fonds de pension. 2 modèles s’opposent :
- Un système par répartition (France, Allemagne, Scandinavie), plus social : fondé dès fin XIXè par une solidarité intergénérationnelle, les actifs
cotisant pour les retraités : une sécurité sociale certaine.
- Un système par capitalisation (Pays-Bas, Royaume-Uni), plus individualiste : pension étatique très modeste complétée par des plans d’épargne
retraite privés ou d’entreprises placées sur les marchés financiers. A provoqué l’explosion des marchés financiers. Est plus fragile (finance et
bourse aléatoires)
2/ Un des principaux pôles migratoires mondiaux
a/ La polarisation d’un tiers des migrants mondiaux (chiffres 2006, parfois différents du livre)
- Les flux migratoires internationaux sont une composante majeure de sa démographie. Accueille un stock de 56 M de migrants (1/3 du total
mondial ; rappel : Etats-Unis = 38,4 M), 37% dans l’UE, plus 2,3 M de réfugiés politiques. Depuis 10 ans, le solde migratoire de l’UE à 25 passe de
2,5 à 3,8‰ habitants, surtout dans l’UE à 15 (4,4‰). Mais ça reste très inégal :
- Soldes migratoires nuls ou négatifs dans les pays de l’Est.
- L’UE à 15 attire 1,7 M de migrants par an, à 70% en Espagne, Italie, Royaume-Uni, Allemagne.
- Renversement complet des pays en périphérie de l’Europe occidentale devenant des pays d’immigration et non plus d’émigration : Espagne
Italie Irlande Portugal.
- La population européenne est globalement caractérisée par une faible mobilité interne ; la mise en place de Schengen et la libre circulation des
personnes changent peu la situation ; cela traduit la convergence relative des niveaux de vie (Espagne, Portugal par exemple). Les flux Est-Ouest
sont plus faibles que prévus : 1,5 M seulement de ressortissants des PECO dans l’UE à 15.
- A l’inverse, l’UE compte 12 à 15M d’étrangers extra-communautaires : la mondialisation a étendu le champ migratoire de l’UE et changé le profil
des migrants : plus qualifiés, plus jeunes, plus féminins.
- si leur proportion est finalement faible (3 à 4%), ses composantes géographiques lui assurent une forte lisibilité (multiscalaire) : polarisation
sur Allemagne, France, Royaume-Uni, Benelux, surtout dans les grandes zones industrielles (Ruhr, Grand Londres, France de l’Est, etc.).
- [Carte p 117 : flux migratoires vers l’Europe : flux de travailleurs qui viennent de partout ; nouveau flux d’émigration économique post
guerre froide venant d’Europe de l’Est ; Brain Drain de Russie]
- la répartition est très variable géographiquement :
Population immigrée en 2006 en millions en % de la population
Allemagne 10,1 12,3
France 6,5 10,7
Royaume-Uni 5,4 9,1
Espagne 4,8 11,1
- cas particuliers des petits pays : 37% d’immigrés au Luxembourg, 25% en Lettonie, etc.
- pays autour de 10% de population immigrée : Suède, P-B, Autriche, Belgique, Lituanie, Irlande…
- Italie = 4% d’immigrés en revanche.
- Mais attention : phénomène dur à comprendre :
- sur le plan quantitatif : les statistiques varient selon les organismes, et la clandestinité est toujours difficile à répertorier.
- sur le plan qualitatif : dépend des politiques et traditions des Etats concernant la qualité de l’intégration et en particulier la question
sensible de l’accès à la nationalité des résidents étrangers. Pays de droit du sol permettent une intégration plus facile (France) que les
pays de droit du sang (Allemagne jusqu’en 1999). Le tout renvoyant aux différents modèles de société : multiethnique britannique ou
communautaire français.
b/ Le maintien de systèmes migratoires spécifiques
- Il n’y a pas de système migratoire communautaire unique : chaque Etat européen continue à s’insérer dans des espaces et réseaux migratoires
mondiaux très différents et liés, pour l’essentiel, aux héritages historiques :
- France surtout tournée vers l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne
- Allemagne tournée vers la Turquie et l’Europe Orientale
- Royaume-Uni s’insère dans l’ancien espace du Commonwealth britannique. Désormais les migrations viennent surtout d’Asie et d’Afrique,
beaucoup moins du reste du monde.
- Dynamique migratoire parfois conditionnée par les réseaux des activités criminelles : 500 000 prostituées dans l’UE, exploitées par des
réseaux mafieux surtout d’Albanie ou d’ex-Yougoslavie.
L’immigration turque en Europe :
- 3,8 M d’immigrés de Turquie en Europe, 5% de la population nationale turque.
- représentent le ¼ de la communauté extra communautaire.
- présents surtout en Allemagne.
- ce fort ancrage s’explique par une stratégie déjà ancienne des pays du Nord à la recherche de main d’œuvre peu qualifiée pour alimenter la forte
croissance économique des 30 glorieuses. En octobre 1961, Bonn signe un accord avec Ankara pour des « travailleurs invités » de Turquie. Pays-
Bas, Belgique, France, Autriche et Suède font pareil ensuite. Entre 1961 et 1977, 700 000 turcs viennent travailler en Europe occidentale. Puis dans
les années 1980 les politiques de regroupement familial vont permettre installation des femmes.
- Cette dynamique représente à la fois un atout socio-économique avec la mobilisation d’une population jeune et active et de redoutables problèmes
politiques de gestion des flux et d’intégration : cf les vastes opérations de régularisation des Etats méditerranéens depuis peu.
- A partir des années 1975, malgré des politiques de regroupement familial, l’Europe a eu tendance à fermer ses frontières. Mais elle est coincée
entre les pressions migratoires du Sud et ses besoins en main d’œuvre, estimé entre 20 et 160 M de migrants dans les 25 ans.
- Si la commission souhaite parvenir à une harmonisation minimale des règles de l’immigration légale dans l’union, les Etats veulent garder leur
souveraineté. Des choix d’autant plus importants à clarifier qu’ils participent de la place et du rayonnement de l’UE dans la mondialisation
Attractivité allemande, géopolitique et intégration : une difficile équation
Le pôle migratoire le plus attractif d’Europe ; plusieurs vagues d’arrivée de nature différente :
- Entre 1945 et 1961 : RFA reçoit 14 M personnes :10 M allemands à la fin de la guerre avec les remaniements frontaliers ; 4 M de réfugiés passent
de RDA à RFA avant le mur de Berlin. Mais le « miracle allemand » permet une intégration réussie d’une masse de population sans ressource au
départ.
- Dans les années 80-90 : ouverture des frontières et politique attractive : 3,2 M de personnes arrivent de l’Est jusqu’en 1991. Puis 20% de la
population d’ex RDA migre vers l’Ouest à cause de la crise.
- Mais cette stratégie rencontre des limites face à une intégration socio-économique de plus en plus difficile qui provoque parfois de vives tensions.
A partir de 1990 on fixe les populations présentes (aides) et on réduit l’immigration. Problèmes d’intégration avec les problèmes d’accès à la
nationalité allemande, qui remettent en cause le modèle ethnolinguistique de la nation ; la définition d’une nouvelle identité nationale à travers une
redéfinition de l’accès à la nationalité reste une question géopolitique loin d’être tranchée (réformes de 1999 et de 2004-2005).
Les Etats méditerranéens de l’UE : nouveaux pôles migratoires et régularisations
- Rapide augmentation de leur niveau de vie et de leur dynamisme économique. Les Etats du Sud de l’UE sont donc devenus très attractifs. Contact
direct avec des pays beaucoup moins développés (Afrique du Nord, Balkans), ils sont les portes d’entrée sur le marché communautaire et rencontrent
de grandes difficultés à contrôler leurs frontières, en particulier maritimes, face à l’afflux d’immigrés clandestins.
- En 2000-2001 : Espagne régularise 400 000 personnes : viennent beaucoup du Maroc, mais surtout d’Amérique Latine, fuyant soit une crise soit
une guerre civile. En 2001-2002 le Portugal régularise 180 000 personnes (surtout brésiliens), la Grèce 350 000 (55% d’Albanais)
- Au total, 7,5 M personnes en 2006 pour les 4 Etats méditerranéens, surtout des jeunes actifs cherchant du travail.
c/ Des espaces très polarisés
- La géographie des migrants internationaux est très inégale aux échelles régionales et locales :
- En Allemagne, la Rhénanie-Westphalie du Nord accueille 27% des étrangers, 4 Länder en ont 71%
- Au Royaume-Uni : Grand Londres = 40% de la population
- En France, 40% des étrangers en Île de France, 20% en PACA et Rhône Alpes
- à une autre échelle, concentration dans certains espaces urbains : banlieues (cités, etc.)
- Majoritairement citadine, polarisée par les grandes villes en haut de la hiérarchie urbaine, la population immigrée est souvent concentrée à l’échelle
des aires urbaines, soit dans des quartiers centraux dégradés, soit dans certains quartiers des banlieues périphériques socialement défavorisées. Mais
il existe aussi dans les campagnes d’Europe du Sud de fortes concentrations dans les zones d’agriculture intensive à fort besoin de main d’œuvre :
Andalousie, Languedoc, Vallée du Rhône.
3/ Des trajectoires démographiques très contrastées
L’étude des dynamiques démographiques européennes aux échelles nationales et régionales témoigne de trajectoires de plus en plus contrastées.
Deux logiques concernant l’espace européen :
- Europe centrale et orientale : espace en déclin naturel et répulsif
- Europe occidentale : trajectoires nationales plus variées (cf. taux de croissance)
a/ Régions attractives, régions répulsives
- L’étude des soldes migratoires régionaux montre qu’environ la moitié des régions européennes est répulsive (solde migratoire négatif) alors qu’un
autre quart connaît une forte attractivité :
- régions répulsives: Ecosse, Nord et Est de la France, Mezzogiorno en Italie et Europe de l’Est (taux d’accroissement migratoire égal à –2,5 pour
1000 hab). Concernent les régions de la périphérie européenne mais aussi des régions en déclin sur le plan national.
- régions attractives, correspondant aux régions économiques les plus développées : bassin de Londres, Sud de la France, littoral occidental
espagnol, Nord de l’Italie, région de Hambourg (taux supérieur à +5 pour 1000 hab)
- La structure française confirme les difficultés du grand croissant nord-est, précocement industrialisé mais frappé aujourd’hui par une crise. L’Ile de
France quant à elle attire de jeunes actifs tout en se séparant de nombreux retraités. Le Sud est lui très attractif.
- Taux de croissance annuel de la population :
- taux supérieur à 0,6 % : Luxembourg (1,3%), Irlande (1,1%), Chypre (0,75%)
- taux inférieur à –0,8% : Bulgarie et Lituanie (-0,85%), Lettonie (-0,9%), Estonie (-1,1%)
- entre les deux : France (0,45%), Royaume-Uni (0,3%), Allemagne (0,1%), Russie (-0,6%)
b/ Espaces en croissance, espaces en déclin
- La croissance démographique et les flux migratoires nationaux et internationaux provoquent la naissance d’un espace communautaire de plus en
plus contrasté en ce qui concerne sa démographie
- dépopulation forte : PECO (sauf majeure partie de la Pologne), Suède et Finlande, centre et nord-ouest de l’Espagne, Mezzogiorno
- dépopulation : ex-RDA, partie de l’Espagne
- pas de dépopulation : France, Royaume-Uni, Irlande, Danemark
- On assiste en fait à la concentration sur quelques pôles métropolitains et espaces régionaux
II. UN DES PREMIERS POLES ECONOMIQUES MONDIAUX
1/ Un fort développement économique
a/ Un mouvement général de longue durée
-Le développement économique que connaît l’Europe depuis 1950 explique cette forte croissance démographique et cette forte activité migratoire. Il
faut éviter l’europessimisme : - L’économie européenne n’a historiquement jamais été aussi puissante et n’a jamais produit autant de richesses
globales et par habitant.
- Entre 1950 et 2004, les 18 Etats d’Europe occidentale voient leur PNB multiplié par 6.
- En 1990 : 6 000 milliards $ ; en 2004 : 8 000 milliards $ soit + 30,2 %.
b/ Mais des trajectoires territoriales différenciées
- Même si la croissance semble généralisée, celle-ci est différenciée et se traduit par une modification des équilibres antérieurs :
- chiffres en % du PNB continental total :
- en 1950 : Système germanique (21%), France (16%), GB (27%)
- en 1990 : Système germanique (26%), France (17%), GB (16%)
- en 2004 : Système germanique (24%), France (17%), GB (18%)
- le poids géoéconomique de la Grande-Bretagne recule fortement alors que le système germanique demeure central, la France quant à elle
garde son rang et que l’Italie rattrape son retard
- à noter également que le poids relatif de la Scandinavie et du Benelux s’érode face au rattrapage des péninsules méditerranéennes
- L’intégration communautaire a donc donné aux petits Etats périphériques de l’UE un coup de fouet, accélérant ainsi leur modernisation socio-
économique (exemple de l’Irlande, Autriche, Espagne, Grèce et Portugal)
- Ce déséquilibre de dynamisme économique repose sur un déséquilibre dans l’effort d’innovation et d’investissement dans l’appareil productif et
l’équipement des pays
- l’Irlande consacre un effort d’investissement 13,5 fois supérieur à la Moldavie
- en Autriche, Suisse ou Danemark, grands travaux de modernisation des infrastructures de transport (aménagement des détroits danois,
modernisation de Rotterdam)
-Selon les niveaux d’échelle utilisés, on peut distinguer trois grands dispositifs territoriaux s’organisant selon un système polycentrique :
- Le premier dispositif, celui d’une Europe Rhénane avec le Nord de la Suisse, l’Allemagne du Sud et rhénane, le Benelux, la plaine du Pô en
Italie et la métropole parisienne. Ce dispositif est complété par le bassin de Londres et les Midlands :
- il réalise 60% de l’économie continentale.
- il possède le potentiel productif le plus puissant et le plus moderne.
- il concentre le commandement économique, financier, culturel et politique.
- Le deuxième dispositif : une vaste zone intermédiaire périphérique avec le Sud de la Suède, le Danemark, l’Ecosse, l’Irlande, le reste de la
France et de l’Italie, le Nord-Est de l’Espagne, l’Autriche et la République Tchèque :
- elle a connu un vaste processus de développement et de modernisation ces trente dernières années.
- elle est moins organisée par de puissantes concentrations métropolitaines.
- Le troisième dispositif, la périphérie de la péninsule ibérique, la Grèce, les Balkans, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, la Slovaquie, la
Pologne et les pays baltes
- son intégration géoéconomique et géopolitique, son équipement et sa modernisation constituent autant de défis dans les décennies à
venir pour l’UE.
- cette périphérie se déploie autour du deuxième dispositif.
- En ce qui concerne la répartition de la valeur ajoutée régionale en Europe, on peut distinguer trois pôles majeurs : le bassin parisien, le bassin de
Londres et l’axe Rhénan.
- Les grandes économies métropolitaines sont en général plus dynamiques que la moyenne de l’économie nationale, quitte à redistribuer leurs surplus
dans les périphéries plus ou moins lointaines par la suite :
- selon l’OCDE, plus de 40% de la croissance économique des dernières décennies est créée par 10% des régions seulement.
- 10% des régions sont à l’origine de 56% des emplois créés entre 1996 et 2001 dans les pays de l’OCDE alors que 10% des régions
polarisent 70% des pertes d’emploi durant la même période.
- Au niveau des Etats :
- de grands déséquilibres au profit notamment de la capitale :
- macrocéphalie en Autriche avec Vienne, due à la forte rétraction de son espace de commandement à l’issue de l’effondrement de l’Empire
austro-hongrois.
- en Grande Bretagne, rôle croissant du grand Londres dans la mondialisation, situation similaire en France et en Grèce.
-ce n’est pas le cas aux Pays-Bas, en Tchéquie ou en Allemagne :
- chiffres : PIB par habitant :
- PIB par hab à Londres est 1,75 fois supérieur à celui de Paris.
- PIB par hab à Paris est 2 fois supérieur à celui de Varsovie.
- et le PIB par hab en Picardie est 1,3 fois supérieur à celui de Varsovie !!!
- Ces inégalités de création de richesse prennent une dimension géographique spectaculaire à toutes les échelles spatiales comme l’indique la carte
régionale du PIB par habitant (p 127) (moyenne UE = 21 000 $/an en 2004 :
- l’Europe riche (> à 20 000 $ par an) = sud Irlande, Angleterre, Catalogne et pays Basque, presque toute la France et le Benelux, l’ex-RFA,
l’Autriche et le nord de l’Italie jusqu’à Rome (autrement dit la mégalopole européenne)
- l’Europe très pauvre (moins de 8000 $/an) : est de la Pologne, Bulgarie, Roumanie.
- l’Europe pauvre (entre 8000 et 14000) : pays baltes, majeures parties de la Pologne, de la République thèque, de la Slovaquie et de la
Hongrie ; nord du Portugal
- l’Europe en dessous de la moyenne (entre 14 et 20 000 $/an) : le reste de l’Europe dont la Slovénie
- la région de Londres produit par habitant 50 fois plus de richesses par habitant que la région bulgare la plus pauvre.
- en France, un tiers des 24 millions d’emplois est polarisé par les sept grands espaces métropolitains (Ile de France, Lyon, Toulouse,
Marseille, Bordeaux, Nantes et Lille). Deux problèmes récurrents en France :
- si, quantitativement, la primatie francilienne a bien reculé en quelques décennies grâce à l’émergence ou au renforcement des
métropoles d’équilibre, qualitativement elle s’est plutôt renforcée.
- les métropoles provinciales tendent elles-mêmes à écraser leur espace régional.
2/ Une élévation du niveau de vie socialement et géographiquement inégale
a/ Une élévation générale du niveau de vie
Cette forte croissance économique permet une très sensible élévation du niveau de vie dans l’ensemble de l’Europe occidentale :
- entre 1950 et 2004, la richesse disponible par habitant est multipliée, selon les cas entre quatre et six fois
- on observe une certaine convergence globale par une réduction sensible des écarts de niveau de vie moyen entre Etats :
- la Norvège est en tête suivie du Royaume-Uni (boom pétrolier des années 1970).
- progression des pays périphériques : Irlande (x 6), Islande (x 5,7).
- on observe tout de même un fort enrichissement des grands pays industriels comme la France (x 4,2), Allemagne (x 3,4) mais chute du
Royaume-Uni sur le long terme (40% > à la RFA en 1950 mais 20% < en 2000).
b/ Mais un processus socialement et géographiquement inégal
- Cet enrichissement généralisé s’avère bien inégal dans le temps, l’espace et entre les acteurs économiques et sociaux :
- Entre 1951 et 2003, alors que le PIB est multiplié par 4, le salaire moyen des salariés d’Europe occidentale est multiplié par seulement 3,5
en monnaie constante.
- dans le temps également car 85% des gains du pouvoir d’achat salarié sont réalisés entre 1951 et 1965.
- Le basculement historique du modèle social européen sous les effets du modèle libéral affectant le marché du travail (chute de la part des salaires
dans le PNB de l’Union) se traduit par le fait que la part des salaires américains dans la richesse nationale aux Etats-Unis est, depuis 1998, supérieure
à celle des salaires européens : du jamais vu entre 1960 et 1997.
- Aux échelles nationales cela se retrouve aussi (comme le montre le cas français) :
- en France, où le ralentissement après 1977 est tout à fait sensible et où les grandes luttes sociales de mai 1968 ont donné un coup de fouet
au salaire minimum qui est ensuite assez largement indexé sur la progression des salaires moyens : en 1951, le salaire moyen net et le salaire
minimum net avaient la même valeur ; en 2003 le salaire moyen net a été multiplié par 3,5 alors que le salaire minimum net a été multiplié
par 3,3.
- depuis 1980, le monde du salariat ne recueille plus qu’une faible partie des gains de richesse créée en Europe, au profit des entreprises.
L’affaiblissement de la logique redistributive, qui n’est pas sans expliquer certaines remises en cause du sentiment européen s’explique pour
diverses raisons :
- baisse de combativité du monde du travail (recul des syndicats, individualisation des salaires, essor de l’intérim et de la précarité,
éclatement des collectifs de travail, etc.
- mise en concurrence liée à la nouvelle DIT générée par la mondialisation libérale qui s’accélère.
- financiarisation croissante des modes de gestion des entreprises.
- cela provoque l’apparition de « travailleurs pauvres », c’est-à-dire d’actifs travaillant mais dont le salaire est insuffisant pour couvrir leurs
dépenses de base : 14 millions de travailleurs pauvres dans l’UE alors que 25% de la population est menacée de « pauvreté active »
- Inégalités entre les couches sociales et avec des variations nationales :
- inégalités plus fortes dans l’Europe méditerranéenne et en Grande-Bretagne par rapport aux pays scandinaves (au modèle social plus
affirmé).
- ceci explique ainsi les inégalités en ce qui concerne les dépenses de consommation privée par habitant :
- par an, en dollars : Luxembourg (22 000), Royaume-Uni et Suisse (20 000) au contraire en Moldavie (2000) et en Bosnie (1900)
- France et Allemagne (15 000), Espagne (14 000)
III / DE PROFONDES MUTATIONS SOCIO-ECONOMIQUES
1/ L’Europe au travail, l’Europe du travail
a/ De profondes mutations de la population active et des emplois
- Forte montée de la population active en Europe durant les 5 dernières décennies du fait de :
- sa croissance démographique
- la volonté massive des femmes d’entrer sur le marché du travail
- ex : population active en Europe occidentale passe de 65 à 85 millions d’actifs entre 1950 et 2000
- Mais cet atout socio-économique est encore sous-utilisé :
- le taux d’emploi réel est bien inférieur ( UE à 25 : 63%) à ceux du Japon (69%) et des EU (74%)
- Existence d’un fort différentiel sexué (hommes : 71%, femmes : 55%) et de certaines divergences entre les pays (Pologne : 51% et Danemark :
75%) liés à :
- des fonctionnements et dynamiques du marché du travail inégal
- un statut de la femme différent selon les pays (pays à forte influence religieuse…)
- L ’intégration des femmes est très inégale :
- géographiquement entre l’UE à 25 (taux d’emploi égale à 55,8) et la moyenne globale (63,3), et entre les pays scandinaves (sup. à 70%), les
pays médians (France : 57%, Allemagne : 60%) et les pays retardataires (Espagne : 48%, Pologne : 46 %, …)
- Entre 1970 et 2004, la grande Europe (UE 27 + AELE) passe de 185 millions à 203 millions (+ 9,5%) mais cette progression masque :
- de fortes inégalités conjoncturelles liées aux crises économiques
- des trajectoires nationales différentes (stagnation allemande, dynamisme des petits pays périphériques de l’UE)
- des différences Est-Ouest marquées (progression plus faible pour les pays d’Europe centrale et orientale)
- Le choc de la transition et de l’intégration communautaire provoque la destruction de 10,2 millions d’emplois ( - 21%) pour tomber à 39,6 millions
actuellement :
- des trajectoires nationales très divergentes entre 1988 et 2005 (Pologne : - 3,4 millions d’emplois, France : + 2,7 millions, Italie : + 2,6)
- mais attention place de l’économie informelle parfois importante dans les pays méditerranéens
- On assiste à une profonde transformation des types d’emplois, des conditions de travail et de la qualité même des emplois offerts sous les effets
d’une recherche systématique de flexibilité
- hausse de 24% des contrats précaires dans l’UE à 15 entre 1996 et 2004
- Aujourd’hui, 18% de la population active occupe un emploi à temps partiel souvent à défaut d’en trouver un à temps plein
- ce système fonctionne comme une forme de partage du travail, en particulier chez les femmes, et explique les faibles taux de chômage des
Etats qui l’utilisent, vantés pour leur modèle de réussite
- la conception anglo-saxonne de totale flexibilisation des marchés du travail et de démantèlement progressif des droits du travail, construit
depuis un siècle par les luttes salariales en Europe, progresse sensiblement et alimente un vaste débat public sur l’avenir du modèle social
européen
- Enfin, le statut des actifs est lui aussi très variable
- forte croissance du salariat ces dernières décennies qui est devenu le rapport socioprofessionnel dominant
- mais des différences apparaissent aux échelles nationales (Danemark : 91%, Italie : 71,7%, Grèce : 48,5%) et régionales qui traduisent le
maintien de structures contrastées pouvant avoir un impact géopolitique important (cf. poids de l’artisanat, des petits patrons et commerçants
en Italie du Nord de la Ligue lombarde)
b/ Formation, qualification et productivité : la qualité des ressources humaines
Un effort de formation insuffisant et inégal :
- En un demi-siècle, l’Europe du travail connaît une véritable révolution productive qui se traduit par de profonds bouleversements dans :
- les conditions de travail
- les statuts du salariat
- la répartition de la population active entre branches et secteurs d’activité
- la valorisation différenciée des ressources humaines
- Après les années 70, alors que s’accélèrent la révolution informationnelle et la pénétration des nouvelles technologies de l’information et de la
communication, 2 caractéristiques majeures s’imposent :
- l’investissement dans la formation initiale et permanente et la montée en qualification jouent un rôle croissant dans les stratégies de
développement
- les efforts nationaux sont très différents en terme de dépenses d’éducation dans les économies nationales :
- L’UE à 25 demeure à la traîne face aux EU et au Japon : la dépense par élève est presque de moitié inférieure (45,5%) à celle des
EU et de 20% inférieure à celle du Japon
- plus grave, les dépenses annuelles de l’enseignement supérieur par élève n’arrivent qu’à 43,5% de celle des EU pourtant financées
de manière privée
→ fuite de nombreux cerveaux (thésards, jeunes chercheurs, ingénieurs) européens vers l’Amérique du Nord plus attractive
- A l’échelle européenne, on constate des différences entre Europe du Nord et du Sud, entre Europe occidentale et de l’Est, et entre chaque Etat
- les pays scandinaves et l’Autriche sont les mieux placés, à noter les gros efforts irlandais qui expliquent son dynamisme économique
- situations allemandes et françaises très moyennes
- les pays méditerranéens décrochent fortement et sont en difficulté dans la modernisation de leurs économies
- L’importance des travailleurs non ou peu qualifiés dans la population active varie considérablement
- en 1996 : 71,5% en Espagne
49% en Belgique
29% en France
11,5% en Allemagne
- Dans un contexte de forte montée du travail intellectuel et de révolution technologique et informationnelle, la qualité de la reproduction sociale
(formation, qualification…) de chaque Etat ou région devient un critère hypersélectif, un facteur d’exclusion et de faible compétitivité
- en France, 9% des adultes ont des difficultés d’illetrisme
- au Royaume-Uni, 20% des adultes sont concernés
Efficacité économique et efficacité sociale : la productivité :
- Sur un demi-siècle, la qualité de l’investissement productif et l’effort de formation se sont traduits par d’importants gains de productivité horaire
par salarié
- un salarié produit 5,3 fois plus de richesse en 1950 qu’en 2002
- Après une hausse très forte durant les 30 glorieuses et une quasi-stagnation entre 1980 et 2000, la recherche de gains de productivité semble
reprendre depuis. Mais cette recherche d’efficacité est géographiquement sélective entre grandes régions et Etats :
- de gros efforts en Norvège, France, Belgique et Irlande
- ex : la France est au 3ème rang européen en terme de productivité horaire par salarié derrière la Norvège et le Luxembourg
- un décrochage du Royaume-Uni témoignant du sensible affaiblissement de sa base productive
- de relatives difficultés pour la Suède, la Suisse et les pays méditerranéens
- La carte de la productivité par région fait apparaître le poids des grandes régions industrielles et métropolitaines et une nette périphérie méridionale
et orientale
- Ces gains de productivité constituent un facteur de richesse et d’efficacité mais permettent aussi un recul de 30% de la durée moyenne annuelle du
travail entre 1950 et aujourd’hui
→ développement des loisirs et des pratiques sociales, sportives et culturelles
- Mais ce gain de temps libre a été un objet de rudes affrontements sociaux comme le montre l’histoire de la France contemporaine :
- naissance des congés payés lors du Front populaire de 1936 (15 jours)
- ils passent à 3 semaines à la Libération en 1945
- puis à 4 semaines en 1968 à la suite des grandes grèves et des Accords Matignon
- et enfin à 5 semaines en 1981
Productivité, coûts salariaux, coûts du travail :
- La question des coûts salariaux et des coûts du travail est une question sensible car :
- elle fait souvent la une de l’actualité
- le patronat tente par tous les moyens de bloquer voire de réduire la masse salariale (cf. désindexation par rapport à l’inflation,
individualisation, salaire au «mérite »)
- le niveau des salaires est dénoncé par certains acteurs économiques comme nuisant à la compétitivité de l’entreprise
- Pourtant, au plan macroéconomique et géographique, ces rapports n’ont rien d’évident car :
- le coût salarial global intègre à la fois le salaire net et les charges fiscales et sociales (couverture, santé, retraite)
- l’accès à la couverture sociale et à la retraite est devenu un droit qui a largement contribué au développement économique et sociale de
l’Europe
- le salaire contribue largement à l’activité économique et fonde largement le dynamisme des marchés européens et nationaux
- pour vendre, il faut bien des acheteurs pourvus d’un pouvoir d’achat
- on ne peut scientifiquement réaliser des comparaisons internationales entre coûts salariaux sans rapporter ces mêmes coûts à l’efficacité
productive de chaque salarié
- On constate que, globalement, les pays à hauts coûts salariaux sont aussi ceux où la productivité est, en général, la plus élevée
- Ainsi, l’Allemagne est un des pays européens où le coût salarial est le plus élevé d’Europe et le 1er exportateur mondial en 2005 devant les
EU et le Japon grâce à la qualité Made in Germany et à la forte productivité de sa main d’œuvre, supérieure de 40% à celle britannique
- Cette question se pose aussi aux échelles internationales entre régions et bassins d’emploi :
- à qualification égale, en France, le salaire provincial moyen est inférieur de 35% à 40% au salaire francilien
- les différences régionales de coûts salariaux sont égales à :
- 18,5% en Allemagne
- 28% au Royaume-Uni
- 32% en Italie
- 33% en Espagne
- celles-ci ont tendance à s’accroître du fait des différentiels de productivité au cours des 2 dernières décennies
Marché(s) du travail, diplômes et mobilité géographique :
- l’espace productif et social communautaire doit faire face à une contradiction majeure :
- d’un côté, la mobilité des flux et l’émergence de firmes transnationales à base européenne sont de puissants facteurs d’intégration
continentale
- de l’autre, la mobilité intra-européenne des actifs demeure faible ou recule avec la forte montée des niveaux de vie des pays méditerranéens
et la relative stabilité des populations est-européennes
- En fait, les sociétés et territoires résistent massivement à toute homogénéisation contrairement aux EU où la mobilité géographique est la règle mais
aussi un moyen de réguler des crises et des tensions régionales
- Les actifs mobiles et interchangeables sont très peu nombreux (1 à 2%) et concernent les plus hauts cadres administratif et technique
- en fait, marché du travail communautaire = une juxtaposition de marchés du travail nationaux et régionaux. Cette situation s’explique par :
- des héritages sociaux, juridiques et linguistiques
- des droits du travail, pratiques sociales et appareils de formation et de qualification très différents selon les pays
- Cependant, depuis les années 2000, la Commission vise à accélérer la libre circulation de la main d’œuvre en encourageant, par exemple, la
mobilité géographique des étudiants (voir ci dessous) ou la création de diplômes comparables (cf. la réforme LMD en France)
Les programmes communautaires Erasmus favorisant la mobilité des étudiants
- Les programmes Erasmus sont lancés en 1987 par la Commission (3000 jeunes effectuent une période d’études dans une université étrangère
- Aujourd’hui, ces programmes concernent plus de 200 000 personnes par an venant de plus de 30 pays participants
- 20% sont au total engagés dans les pays où ils ont eu leur principale expérience Erasmus
- Les Etats les plus attractifs sont le Royaume-Uni, la Suède, les Pays-Bas, la France.
ersité ou spécialisation fonctionnelle.
te un lien étroit entre activités économiques et villes comme le montre d’ailleurs :
-L’extrême diversité des fonctions urbaines
-La spécialisation fonctionnelle et sectorielle plus ou moins dominante des économies urbaines. (Spécialisations liées à l’histoire)
-Ainsi par exemple Cambridge ou Heidelberg sont spécialisées dans des fonctions universitaires.
-Le rôle central de la hiérarchie urbaine dans la division du travail
rd’hui les firmes ont tendance à réduire leurs degrés d’exposition au territoire afin d’être plus compétitives dans le cadre de la mondialisation
-Les anciens monopoles territoriaux associant une firme à une ville (ou à un secteur) : Michelin/Clermont-Ferrand, Krupp/Ruhr… disparaissent peu a peu
-On peut aussi noter que ce phénomène participe aussi au retour vers les villes des productions industrielles parfois localisées dans les zones rurales traditionnelles
uhr : la première concentration industrialo urbaine européenne en reconversion
Ruhr, née au XIX sur le charbon et l’acier, concentre aujourd’hui 5,3 millions d’habitants sur 8980
. Elle est, depuis 1960 en reconversion
égion connaît d’important taux de croissance jusqu'à la fin des années 1950.
-De 1880 à 1913 la production de houille passe de 25,6 Mt à190Mt.
-Elle a aussi joué un rôle d’atelier pendant le III Reich puis a été un des leviers de la reconstruction
au début des années 1950
-Elle est ainsi pendant plus d’un siècle, une puissante région industrialo urbaine
rtir du début des années 1960, les productions de charbon et d’acier commencent à décliner (et ce malgré
bvention nationale) ce qui conduit à une crise
-L’industrie charbonnière passe de 470000 salariés en 1957 à 37000 en 2005
-La sidérurgie tombe de 320000 salariés à 100000
-Plus généralement on assiste à un déclin démographique dans cette région qui est par ailleurs
aussi fortement touchée par le chômage
faire face à la crise la région entame un processus de diversification sectorielle et fonctionnelle
-L’accent est mis sur les NTIC, les énergies renouvelables…
-mais aussi sur la logistique, les services, les foires culturelles…
i aujourd’hui les fonctions abstraites représente 69% des emplois crées contre 30% pour les productions
ètes
n, la Ruhr a gardé une bonne partie des pouvoirs de commandement
-Les sièges sociaux de nombreuses entreprises sont situés dans la region (Ruhrkohle A.G.,
Tengelman…) (ThyssenKrupp Steel transféré à Düsseldorf )
hiérarchies urbaines entre intégration continentale et mondialisation
système en voie d’intégration continentale
gration et l’élargissement des villes à l’échelle continentale et mondiale conduit à une remodélisation des hiérarchies (urbaines)
-A l’échelle continentale les grands investissements en nouvelle infrastructure de transport (TGV, corridors logistiques) ne profitent pas à toutes les métropoles cré
des inégalités.
-A l’échelle mondiale ce phénomène conduit à une concurrence accrue entre les métropoles qui cherchent à attirer les capitaux. Cela conduit aussi à une augment
flux et des relations entre les villes.
ut alors distinguer les « villes globales » (Saskia Sassen, JP Taylor), nouveaux centres de commandement et d’impulsion de la mondialisation (Bruxelles, Frankfo
es…)
-Ces villes possèdent un équipement et un marché de travail de qualité et un haut degré de réactivité
-Entre ces villes se tisse un réseau, créant ainsi un système européen de ville.
-Deux villes se détachent du reste cependant : Londres et Paris
-Londres à cause des ses fonctions financières et son ancrage transatlantique
-Paris grâce à ses fonctions institutionnelles (Ocde, UNESCO)
aut pas oublier toutefois que si elle contribue à la métropolisation, la mondialisation peut aussi parfois déséquilibrer les réseaux urbains (Comme à Dublin par exempl
: capitale régionale, métropole nationale et européenne
n s’affirme comme métropole régionale, nationale et européenne grâce à :
-Sa situation exceptionnelle (à la rencontre d’axes européens nord-sud et est-ouest)
-Une concentration industrielle importante (la deuxième du pays)
-Une main-d’œuvre qualifiée
-Des centres de commandement administratif
-Sièges sociaux d’entreprises :ex : Adecco, Cegid
-Une riche activité culturelle
Zones urbaines sensibles françaises : les ségrégations socio-économiques et résidentielles
a 716 zones urbaines sensibles en France. Elles regroupent 4,5 millions d’habitants
zones cumulent de lourds handicaps socio-économiques et doivent faire face à des difficultés multiformes
-Ces zones accueillent des population en difficulté (les population plus aisées ont tendance à les quitter)
-Le niveau de vie et la scolarisation se dégradent constamment
-La précarité y est plus forte qu’ailleurs (1 actif /5 vit dans la précarité contre 1/8 en France)
etrouve cette ségrégation à l’échelle de la ville elle-même
-Des populations sont ainsi marginalisées ce qui peut déboucher sur de très graves tensions
-Emeutes en France, Islamistes en Grande-Bretagne…
nd Dublin : polarisation et déséquilibre de la mondialisation dans un petit pays périphérique
a capté le dynamisme qu’a apporté la mondialisation
-L’emploi augmente de 41% en 10 ans
-Le chômage est très faible
-La ville compte 30% des chercheurs et 50% des étudiants du pays
-La région de Dublin a draine 70% des créations d’emploi par IDE
toutefois entraîné des déséquilibres
-La ville connaît une forte croissance démographique
-La population devrait atteindre 2,4 millions d’habitants en 2020 (elle est de 1,1 aujourd’hui)
-Cette forte augmentation de la population a conduit à une augmentation des prix de l’immobilier et à une
ségrégation sociale et spatiale.
èse :
ope est un pole démographique attractif
-Avec 458,5 millions d’habitants elle dépasse largement l’Amérique du Nord (323)
-Le vieillissement de la population peut tout à fait être financé (grâce aux gains de productivité réalisés génération après génération)
-Enfin, les nombreux migrants en Europe montrent que cette dernière est restée un pôle attractif
aussi un des premier pôles économique du monde
-Le PNB des 18 Etats d’Europe occidentale est multiplié par 6 entre 1950 et 2004
-On assiste à un bouleversement des hiérarchies entre pays au sein de l’Europe… (Important recul du Royaume-Uni qui profite au reste des pays (France et A
notamment)).
-Le système géoéconomique de l’Europe est polycentrique ce qui ne réduit pas toutefois les inégalités présentes à différentes échelles… (Nationale…)


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