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Coût de l’éducation en 2008

   

 

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information                                                                                                                                             .01
                                                                                                                                                    1J0NVIER
                                                                                                                                                      A



En 2008, la France a consacré
129,4 milliards d’euros à son
système éducatif, soit un niveau
stable en euros constants pour
                                             Coût de l’éducation
la troisième année consécutive.
Cela représente 6,6 % du PIB
                                             en 2008
et 2 020 euros par habitant.
La dépense moyenne par élève                 Évaluation provisoire du compte
ou étudiant est de 7 780 euros :
5 620 euros pour un écolier,
9 110 euros pour un élève de
l’enseignement secondaire,             En 2008, la dépense intérieure d’éducation                   les modifications de la structure de cette
10 790 euros pour un étudiant.         (DIE) – mesure de l’effort consenti par la                   population scolaire, avec une augmentation
La part du secondaire (41,9 %)         collectivité nationale pour le fonctionne-                   des filières plus coûteuses (enseignement
tend à décroître, celle du             ment et le développement du système                          supérieur, filières technologiques...) et
supérieur (19,2 %) progresse           éducatif de la métropole et des DOM – est                    surtout, l’augmentation du coût unitaire
de 1,6 point depuis 2005.              estimée à 129,4 milliards d’euros, ce qui                    de chaque élève (en fonction des taux
L’État reste le premier financeur      correspond à 2 020 euros par habitant,                       d’encadrement, des revalorisations sala-
de l’éducation (60 %), devant les      ou encore à 6,6 % du produit intérieur brut                  riales des enseignants...).
collectivités territoriales (23,8 %)   (PIB).                                                       De 1980 à 1989, la DIE est multipliée par
dont la part a augmenté de             Globalement, de 1980 à 2008, la dépense                      1,24 comme le PIB, mais de 1990 à 1995,
3,2 points depuis 2005.                intérieure d’éducation, avec un taux de                      elle augmente nettement plus rapidement :
Avec 5,9 % de son PIB consacrés        croissance annuel moyen de 2,2 %, a crû                      sa part au sein du PIB progresse ainsi de
à l’éducation en 2006, la France       légèrement plus vite que le PIB (2,0 %).                     6,4 % en 1989 à 7,6 % en 1995.
se situe 0,2 point au-dessus de        De multiples facteurs expliquent la crois-                   Cette évolution résulte essentiellement :
la moyenne des pays de l’OCDE,         sance de la DIE sur le long terme : l’accrois-               – des conséquences des lois de décentrali-
sur un champ restreint ne              sement du nombre d’élèves et d’étudiants,                    sation transférant des compétences de
comprenant pas la formation            TABLEAU 1 – Évolution de la part de la dépense intérieure d’éducation (DIE) dans le PIB
continue (données                                             DIE                Part                  DIE            Croissance       Croissance
internationales 2006                                   en prix courants         DIE/PIB          aux prix 2008 annuelle* de la DIE annuelle* du PIB
publiées en 2009).                                    (milliards d’euros)       (en %)         (milliards d’euros) prix 2008 (en %) prix 2008 (en %)
                                           1980               28,5                 6,4                 71,2
                                           1985               50,7                 6,7                 80,7                2,5              1,5
                                           1990               68,0                 6,6                 92,9                2,6              3,2
                                           1995               91,3                 7,6                113,7                2,3              1,2
                                           2000              104,9                 7,3                124,4                1,8              2,8
                                           2001              107,3                 7,2                124,8                0,3              1,9
                                           2002              110,8                 7,2                125,8                0,8              1,0
                                           2003              113,1                 7,1                126,0                0,2              1,1
                                           2004              115,6                 7,0                126,8                0,6              2,5
                                           2005              117,5                 6,8                126,4              - 0,3              1,9
                                           2006              123,1                 6,8                129,3                2,3              2,2
                                           2007              126,2                 6,7                129,4                0,0              2,3
                                           2008              129,4                 6,6                129,4                0,0              0,4
                                       Source : MEN-MESR-DEPP, Compte de l’Éducation
                                       * Croissance annuelle moyenne sur la période, donc par rapport à l’année précédente dans le tableau (par exemple,
                                       pour 1985, croissance annuelle moyenne de 1980 à 1985).
                                       Les séries « aux prix 2008 » sont obtenues en multipliant les dépenses exprimées aux prix de l’année courante
                                       par un coefficient estimé à partir de l’évolution du PIB aux prix de 2008 établie par l’INSEE. Ces séries représentent
                                       une évolution des dépenses « en volume », c’est-à-dire en excluant les effets de la hausse des prix.
l’État vers les régions et les départements               après une période de forte hausse, pour-                  à 26,4 % en 1992 ; ensuite, elle remonte
qui, après un état des lieux du patrimoine                raient expliquer cette stagnation.                        à son niveau initial : 29,2 % en 2008.
transféré, se lancent dans de grands travaux              En 2008, la dépense d’éducation se répartit               Sur longue période (1980-2008), la DIE
de rénovation et de construction de lycées                à hauteur de 37,7 milliards d’euros pour                  dédiée au second degré croît de 70 %.
et collèges après 1989 ;                                  le premier degré (soit 29,2 % de la DIE),                 Jusqu’en 2002, sa part dans la DIE oscille
– de la revalorisation des carrières et des               52,2 milliards d’euros pour le second degré               autour de 45 % ; à partir de 2003, une
rémunérationsdes personnels enseignants.                  (soit 40,3 % de la DIE) et 24,2 milliards                 tendance à la baisse s’amorce et elle
La tendance s’inverse ensuite. Depuis 1996,               d’euros pour le supérieur (soit 18,7 % de la              atteint 41,9 % en 2008, soit une baisse
la dépense d’éducation progresse moins                    DIE). Le reste de la DIE, soit 15,2 milliards             de 2,6 points depuis 2002.
vite que le PIB et sa part au sein du PIB                 d’euros (11,8 %), concerne le financement                 En revanche, la DIE attribuée à l’enseigne-
décroît régulièrement, atteignant 6,6 % en                de l’apprentissage (scolaire et supérieur), de            ment supérieur a été multipliée par 2,4
2008 (tableau 1 et graphique 1).                          la formation continue et des enseignements                depuis 1980, et sa part au sein de l’ensemble
Depuis 2006, la DIE est quasiment stable                  extrascolaires1 (graphique 2).                            de la DIE croît de 14,6 % en 1980 à 19,2 %
en euros constants. Les efforts de maîtrise               Sur la période de 1980 à 2008, la croissance              en 2008, avec une hausse plus marquée
de la dépense publique (notamment par                     de la DIE consacrée au premier degré                      au cours des années récentes.
le remplacement partiel des personnels                    équivaut à celle de l’ensemble de la DIE                  108 milliards d’euros (soit 84 % de la DIE)
administratifs ou d’enseignants partant à la              (83 % contre 82 %). Dans un premier temps,                servent à financer les activités d’enseigne-
retraite), mais également un ralentissement               la part du premier degré dans la DIE tend                 ment. Les 21 milliards d’euros restants
de l’investissement des collectivités locales             à diminuer, passant de 28,9 % en 1980                     permettent de financer l’organisation du
                                                                                                                    système d’enseignement (administration
GRAPHIQUE 1 – Évolution de la dépense intérieure d'éducation (DIE) et de sa part                                    générale et orientation) pour 3,8 milliards
dans le PIB (1980-2008)                                                                                             d’euros, les activités destinées à favoriser
                                                                                                                    la fréquentation scolaire (restauration
   8,5 %                                                                         En milliards d'euros         150   et hébergement, médecine et transports
                                                                                                                    scolaires) pour 13,4 milliards d’euros, et
                                                                                                                    de répondre aux demandes des institutions
   8,0
                                                                                                              125   scolaires (en achat de livres, de fournitures,
                                                                                     DIE aux prix 2008              de vêtements spécifiques) pour 3,8 milliards
   7,5
                                                                                                                    d’euros.
                                                                                                              100

   7,0                                                                                                               Les dépenses de personnel
                                                                                                                     représentent les trois quarts
                                                                                                               75
   6,5                                                                                                               de la dépense d’éducation
                                           Part de la DIE dans le PIB
                                                                                                                    La part des charges de personnel est large-
   6,0                                                                                                         50
         1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008                                 ment prépondérante au sein des dépenses
                                                                                                                    de l’ensemble des producteurs d’éducation.
Source : MEN-MESR-DEPP, Compte de l'Éducation                                                                       Tous niveaux confondus (hors apprentissage,
                                                                                                                    formation continue ou formations extrasco-
GRAPHIQUE 2 – Répartition de la dépense totale d'éducation par niveau en 2008                                       laires et hors biens et services rattachés),
                                                                                                                    trois quarts de la dépense globale (soit
                                                                                             En milliards d'euros   80 milliards d’euros) sont consacrés à la
                       Formation continue et extrascolaire                    12,5
                                                                                                                    rémunération des personnels : 52,7 % pour
                      Apprentissage (scolaire et supérieur) 2,7
                                                                                                                    le personnel enseignant (soit 56 milliards
                                   Enseignement supérieur                                             24,2          d’euros) et 22,5 % pour le personnel
                                Second cycle professionnel              9,0                                         non enseignant (soit 24 milliards d’euros).
                    Second cycle général et technologique                             16,3

  Premier cycle du second degré (y compris SEGPA et EREA)                                                    26,9

                              Élémentaire (y compris ASH)                                             24,2          1. L’enseignement extrascolaire correspond à un
                                                                                                                    ensemble hétérogène de formations comprenant, entre
                                            Préélementaire                     13,5                                 autres, les activités du Conservatoire national des
                                                                                                                    arts et métiers (CNAM) et des associations régionales
La dépense totale d'éducation correspond aux dépenses pour l'activité d'enseignement et pour d'autres activités     du CNAM, celles des conservatoires municipaux
(administration, restauration…) réalisées pour chaque niveau.                                                       et d’autres établissements dispensant de l’éducation
                                                                                                                    non formelle (car ne délivrant pas de diplômes ou
Source : MEN-MESR-DEPP, Compte de l'Éducation                                                                       certifications reconnues nationalement).



                                                                                                                                 note d’information 10-01 · Page 2
TABLEAU 2 – Structure des coûts par nature des dépenses et par niveau d’enseignement en 2008 (%)           et des dépenses plus élevées en fonctionne-
                                                  Personnel               Autre                            ment et en investissement.
                                     Personnel                Total                 Investis-
                                                     non                fonction-               Ensemble   De 1980 à 2005, la croissance de la dépense
                                    enseignant              personnel                sement
                                                 enseignant              nement
Premier degré                         49,1          25,9      75,0        18,1         6,9       100,0     moyenne est de 58,9 %, soit 1,9 % en
   - dont préélémentaire              45,6          32,2      77,8        15,0         7,3       100,0     moyenne par an. En revanche, depuis
   - dont élémentaire                 50,2          22,7      72,9        20,3         6,8       100,0
Second degré (hors apprentissage)     56,0          20,5      76,5        12,4        11,1       100,0
                                                                                                           2006, la très légère baisse de 0,2 % par
Supérieur (hors apprentissage)        51,3          21,4      72,7        20,3         7,0       100,0     an s’explique par un fléchissement de la
Ensemble                              52,7          22,5      75,2        16,0         8,8       100,0
Source : MEN-MESR-DEPP, Compte de l’Éducation
                                                                                                           dépense totale pour le second degré
                                                                                                           relativement plus important que la perte
Les autres dépenses de fonctionnement                    de l’adaptation scolaire et la scolarisation      d’effectifs constatée à ce niveau.
représentent 16,0 % de l’ensemble et les                 des élèves handicapés (ASH)). Le coût
                                                                                                             10 790 euros par étudiant
dépenses d’investissement 8,8 %. Mais la                 d’un élève scolarisé dans le préélémen-
                                                                                                             dans le supérieur
répartition varie selon le niveau d’enseigne-            taire (5 310 euros) reste inférieur à celui
ment (tableau 2).                                        d’un élève scolarisé dans l’élémentaire           La dépense moyenne par étudiant s’élève
Les dépenses en personnel non enseignant,                (5 700 euros) : le coût des ATSEM du préélé-      à 10 790 euros. Cette dépense est calculée
par exemple, sont nettement plus impor-                  mentaire est largement compensé par le            sur l’ensemble des étudiants qu’ils soient
tantes dans l’enseignement préélémentaire                coût de classes à plus faible effectif dans       inscrits en université, dans des établisse-
(32,2 % de l’ensemble) que dans l’enseigne-              l’élémentaire et par les autres dépenses          ments du second degré (sections de techni-
ment élémentaire (22,7 %) ou dans l’ensei-               de fonctionnement plus importantes pour           ciens supérieurs, classes préparatoires
gnement du second degré (20,5 %), en                     ce niveau d’enseignement.                         aux grandes écoles) ou dans tout autre
raison de la présence des « agents territo-              De 1980 à 2005, la dépense moyenne par            établissement d’enseignement supérieur
riaux spécialisés d’écoles maternelles »                 élève du premier degré a augmenté de              (écoles d’ingénieurs ou de commerce,
(ATSEM) rémunérés par les communes.                      73,7 % en prix constants, soit 2,2 % en           écoles d’infirmières, etc.). De 1980 à 2005,
Le poids des personnels enseignants est,                 moyenne par an. Depuis 2006, elle ne              la dépense a progressé de 27,6 %, soit de
en revanche, particulièrement élevé au                   progresse plus que de 0,3 % par an.               1,0 % en moyenne par an. Cette hausse
niveau de l’enseignement du second degré                 Cette stabilisation résulte de la conjonction     s’accélère nettement à partir de 2006 avec
(56,0 % de la dépense globale).                          d’une faible hausse des effectifs et d’une        une croissance moyenne annuelle de 2,8 %.
                                                         hausse de la dépense totale pour le premier       En effet, une baisse des effectifs récente,
  Une dépense moyenne                                    degré légèrement plus rapide.                     couplée à une augmentation significative
  de 7 780 euros pour un élève                                                                             du budget alloué à l’enseignement supé-
                                                           9 110 euros par élève
  ou un étudiant                                                                                           rieur, participe au rééquilibrage entre l’en-
                                                           dans le second degré
                                                                                                           seignement secondaire et le supérieur.
Tous niveaux et types d’établissements                   La dépense moyenne par élève du second            Certaines aides directes ou indirectes
confondus, la dépense moyenne par élève                  degré est de 9 110 euros (y compris la            financées par l’État – qui bénéficient aux
ou étudiant s’élève à 7 780 euros en 2008.               dépense pour les élèves relevant de               étudiants ou à leur famille – n’apparaissent
Cette dépense reste quasi stable (en euros               l’apprentissage et de l’éducation spécia-         pas dans la DIE définie ici car elles sont
constants) depuis 2004, mais sur l’ensemble              lisée EREA/SEGPA).                                d’ordre fiscal (majoration du quotient
de la période 1980-2008, elle a été                      Le coût de l’élève du premier cycle               familial) ou non directement liées au
multipliée par 1,7, soit une progression                 (8 000 euros) est, en moyenne, moins élevé        statut étudiant (allocation logement social).
annuelle moyenne de 1,9 %. Les disparités                que celui de l’élève du second cycle général      Leur prise en compte (hors versement
constatées entre les dépenses moyennes                   et technologique (10 710 euros) ou du             des régimes sociaux de sécurité sociale)
par élève des divers niveaux d’enseigne-                 second cycle professionnel (11 230 euros).        porterait le coût moyen d’un étudiant pour
ment ou filières traduisent, en grande partie,           L’écart entre premier cycle et second cycle       la nation de 10 790 à 11 980 euros.
les différences liées à l’encadrement en                 général et technologique provient essentiel-      Les coûts moyens par étudiant sont très
personnels enseignants et non enseignants                lement des différences dans la composition        variables : un étudiant en classe prépara-
et à leur profil : nombre d’heures d’enseigne-           des corps enseignants avec un nombre              toire aux grandes écoles est 1,5 fois plus
ment par élève et taille des classes, statut             plus important de professeurs agrégés dans        cher qu’un étudiant en université. Ces diffé-
et rémunérations des personnels.                         les lycées, du coût des options de lycée          rences proviennent essentiellement des
                                                         et des dépenses de fonctionnement ou              coûts en personnel, particulièrement en
  5 620 euros par élève
                                                         d’investissement plus élevées, notamment          personnel enseignant.
  dans le premier degré
                                                         dans les filières technologiques.                 Les sections de techniciens supérieurs
La dépense moyenne par élève du premier                  Le niveau de la dépense moyenne dans              (STS) et les classes préparatoires aux
degré s’élève à 5 620 euros (y compris les               le second cycle professionnel reflète un          grandes écoles (CPGE) implantées dans des
dépenses concernant les élèves relevant                  meilleur encadrement que dans les collèges        lycées bénéficient de taux d’encadrement

                                                                                                                       note d’information 10-01 · Page 3
TABLEAU 3 – Dépense moyenne théorique pour quelques scolarités types (aux prix 2008) en euros

                                   Premier degré               Second degré                       Enseignements supérieurs
                                                                        2nd cycle
                                 Pré-
                                         Élémentaire 1er cycle    général                         STS         CPGE       Universités
                             élémentaire                                         prof.
Dépense théorique                                                et techno.
annuelle par élève      2008    5 310       5 700     8 000        10 170       11 230           13 220      14 510         9 400

Coûts de quelques                                                                                                                         Durée totale         Coût du
scolarités types menant au :                                                                                                               Dépense         redoublement
                                  3 ans        5 ans       4 ans                     2 ans                                                   14 ans         un en 1er cycle
BEP 2 ans               2008     15 930       28 500      32 000                    22 460                                                  98 890              8 000

                                  3 ans        5 ans       4 ans                     4 ans                                                    16 ans       un en 1er cycle
Bac professionnel       2008     15 930       28 500      32 000                    44 920                                                   121 350           8 000

Bac général et                    3 ans        5 ans       4 ans        3 ans                                                                 15 ans       un en 2nd cycle
technologique           2008     15 930       28 500      32 000       32 130                                                                108 560           10 710

                                  3 ans        5 ans       4 ans        3 ans                     2 ans                                       17 ans       un en 2nd cycle
BTS                     2008     15 930       28 500      32 000       32 130                    26 440                                      135 000           10 710

                                  3 ans        5 ans       4 ans        3 ans                                                3 ans           18 ans        un en université
Licence                 2008     15 930       28 500      32 000       32 130                                               28 200           136 760            9 400
Source : MEN-MESR-DEPP, Compte de l’Éducation
Lecture :
– la première partie du tableau « dépense théorique annuelle par élève » donne la dépense moyenne en 2008, par élève pour les différents niveaux ou filières de scolarité,
exprimée en euros 2008 ;
– la deuxième partie du tableau permet, en utilisant ces dépenses annuelles, d’estimer le coût de différentes scolarités types en 2008.
Il s’agit là de coûts théoriques au coût 2008 et non du coût de parcours réels.
Par exemple, la dépense relative à une scolarité de la maternelle au baccalauréat professionnel sans redoublement, exprimée aux prix de 2008, s’établit à 121 350 euros.
Avec un redoublement en premier cycle, cette dépense s’élèverait alors à 129 350 euros (soit 121 350 + 8 000).



du même ordre que ceux de l’enseignement                  trois années au niveau préélémentaire                       TABLEAU 4 – Comparaison de la structure
secondaire. Les enseignants intervenant                   (soit quinze ans de scolarité) s’élèverait à                du financement initial de la DIE
                                                                                                                      en 1980 et 2008 (en %)
dans ces filières sont souvent agrégés,                   108 560 euros et celui d’une scolarité
voire pour les CPGE, professeurs de chaire                menant en quatorze ans au BEP serait                                                            1980      2008
                                                                                                                      Ministère de l'Éducation nationale 61,0       54,1
supérieure, corps où se conjuguent une                    de 98 890 euros.                                            Collectivités territoriales         14,2      23,8
rémunération plus élevée et une obligation                Les coûts des autres scolarités types                       Ménages                             10,8       7,9
                                                                                                                      Autres ministères*                   8,5       6,5
de service plus faible que dans l’enseigne-               présentées dans le tableau 3 s’échelonnent                  Entreprises                          5,5       6,6
ment secondaire.                                          de 121 350 euros pour le baccalauréat                       Caisses d’allocations familiales     0,0       1,1
                                                                                                                      Total                              100,0     100,0
La situation est différente en université                 professionnel (d’une durée de seize ans),
                                                                                                                      Source : MEN-MESR-DEPP, Compte de l’Éducation
en ce qui concerne les taux d’encadrement.                jusqu’à 136 760 euros pour la licence (d’une                * Autres ministères, autres administrations et « Reste
                                                                                                                      du monde ».
La majeure partie des cours – surtout au                  durée de dix-huit ans), du même ordre
niveau du cycle licence qui représente plus               que celui menant à un BTS : 135 000 euros
de la moitié des étudiants – est dispensée                (d’une durée de dix-sept ans).                              Au sein de l’État, le ministère de l’Éducation
en amphithéâtre.                                                                                                      nationale est le premier financeur initial,
                                                            L’État finance plus de 60 %                               avec 54,1 % de l’ensemble de la DIE, en
  Coût de quelques                                          du système éducatif, les                                  incluant les charges sociales rattachées
  scolarités types                                          collectivités territoriales 24 %                          correspondant aux charges sociales
                                                                                                                      employeur de l’État. Les autres ministères
Le cumul des dépenses moyennes de                         Le financement « initial » de l’Éducation –                 (Agriculture, Défense, Culture, etc.) contri-
différents niveaux d’enseignement permet                  c’est-à-dire ce qui est à la charge effective               buent pour 5,9 % de la DIE (y compris les
de calculer le coût d’une scolarité type.                 des financeurs avant transferts entre les                   transferts européens) et les autres adminis-
Il s’agit d’une dépense théorique corres-                 différents agents économiques (voir l’en-                   trations publiques ou assimilées (telles le
pondant à ce que coûterait, en moyenne,                   cadré p. 6) – est assuré essentiellement                    CNASEA2 ou les organismes consulaires)
cette scolarité si elle se déroulait selon                par l’État (60,6 %). Ce poids de l’État                     pour 0,6 %. La CNAF3 assure, quant à elle,
la séquence choisie (avec différents                      dans le financement s’explique par sa part                  le versement de l’allocation de rentrée
scénarios sur le nombre de redoublements)                 prépondérante dans la prise en charge                       scolaire (ARS) qui représente plus de 1 %
au cours de l’année 2008 et valorisée                     des rémunérations des personnels, de loin                   du financement initial de la DIE.
aux prix de 2008 (tableau 3).                             le premier poste de dépenses du système
En adoptant ces conventions, le coût                      éducatif et, dans une moindre mesure, de
                                                                                                                      2. CNASEA : Centre national pour l’aménagement des
d’un bachelier général ou technologique                   l’aide aux familles avec le versement des                   structures des exploitations agricoles).
n’ayant jamais redoublé et ayant fait                     bourses (tableau 4).                                        3. CNAF : Caisse nationale d’allocations familiales.



                                                                                                                                     note d’information 10-01 · Page 4
Les collectivités territoriales sont le                   et la construction des établissements du           représenter respectivement 1,2 % et 0,5 %
deuxième financeur de la DIE en assurant                  second degré, plus de cinq fois le montant         au minimum de leur masse salariale),
23,8 % de son financement initial, dont                   de la DRES et de la DDEC (5,3 milliards            participent à hauteur de 6,6 % à la dépense
12,6 % pour les seules communes. De 1980                  d’euros contre 0,98 milliards d’euros).            d’éducation.
à 2008, la contribution des collectivités                 De plus, depuis 2004, les régions ont pris en      Les contributions respectives des différents
au financement initial a augmenté de près                 charge tout ou partie du coût des manuels          acteurs économiques varient selon le niveau
de 10 points (passant de 14,2 % en 1980 à                 scolaires des lycéens. Par ailleurs, le plan       d’enseignement. Les communes assurent
23,8 % en 2008), compensant une baisse                    Universités 2000, relayé par le plan Univer-       38,6 % du financement initial du premier
équivalente de la part de l’État (de 69,5 %               sités 3000 (U3M), a modifié la répartition         degré, en rémunérant les personnels non
en 1980 à 60,6 % en 2008). Cette croissance               du financement de l’investissement dans            enseignants qui interviennent dans les
de la part des régions et des départe-                    l’enseignement supérieur en y faisant              écoles, ainsi que les dépenses de fonction-
ments résulte essentiellement des lois de                 largement participer les régions.                  nement et d’investissement de celles-ci.
décentralisation pour le second degré et                  Les ménages, avec 7,9 % du financement             En revanche, la participation des collecti-
la formation professionnelle. Les collecti-               initial, avant transfert des bourses versées       vités territoriales au financement de l’ensei-
vités se sont vu successivement attribuer                 par l’État et les collectivités territoriales et   gnement du second degré est de 21,1 %.
le financement de l’apprentissage, le                     de l’ARS versée par les caisses d’allocations      L’État, qui prend en charge la quasi-totalité
transport scolaire (à partir de 1984), le                 familiales (CAF), viennent en troisième            des dépenses de rémunération des
fonctionnement des collèges et des lycées                 position dans le financement de la DIE.            personnels enseignants et non ensei-
(1986), l’équipement de ces établissements                Leur part dans le financement initial de la        gnants, représente 69,5 % du financement.
(progressivement à partir de 1986), et la                 DIE (10,8 % en 1980) a nettement baissé            La part de l’État est encore plus importante
formation des travailleurs sociaux (2005).                en raison de l’augmentation des bourses et         pour l’enseignement supérieur (73,8 %) ;
Au cours des trois dernières années, le                   aides qui sont attribuées par l’État et les        les collectivités territoriales prennent en
poids des collectivités locales dans le                   collectivités locales. En effet, les sommes        charge 9,9 % du financement de la dépense
financement de la DIE tend à s’accroître                  transférées vers les ménages sont impor-           d’éducation, les ménages assurent 9,6 %
plus rapidement, du fait du rattachement                  tantes : 2,5 milliards d’euros pour les bourses    de celui-ci (notamment en s’acquittant
des personnels techniciens et ouvriers                    et autres aides sociales (soit 2 % de la DIE),     des frais de scolarité dans les établisse-
de service (TOS) à la fonction publique                   1,4 milliards d’euros pour l’ARS versée par        ments d’enseignement supérieur privés).
territoriale.                                             les CAF aux familles d’enfants âgés de 6 à         Les entreprises contribuent au financement
Au titre de ces transferts de compétences,                18 ans sous conditions de revenus (soit 1 %        pour 6,7 %.
des dotations de décentralisation ont été                 de la DIE). Après prise en compte de ces
attribuées aux collectivités territoriales : la           transferts, la part du financement final            Comparaisons internationales
dotation départementale des collèges                      assurée parles ménages estde 11 % en 2008.
(DDEC), la dotation régionale d’équipement                Les entreprises, essentiellement par le biais      En 2006, la comparaison de la part des
scolaire (DRES) et d’autres compensant les                du financement de la formation continue            dépenses d’éducation pour la formation
charges transférées. Depuis 2008, ces dota-               (hors salaires des stagiaires) et du verse-        initiale (hors formation continue) dans le
tions prennent la forme de taxes affectées                ment de la taxe d’apprentissage (devant            PIB montre que la France se situe, avec
(part de la TIPP et de la TSCA4), se substi-
tuant aux crédits budgétaires.                            GRAPHIQUE 3 – Dépense d'éducation (formation initiale) par rapport au PIB (2006)
Les collectivités territoriales versent, elles
aussi, des bourses d’études aux ménages                                             Espagne                                4,7 %
et effectuent divers transferts vers d’autres                                     Allemagne                                 4,8 %
financeurs. Après prise en compte de ces                                               Italie                                4,9 %
flux financiers, la contribution des collecti-                                        Japon                                   5,0 %
vités territoriales en financement final est                                       Pays-Bas                                          5,6 %
plus élevée : 25,2 % de la DIE.
                                                                                   Australie                                          5,7 %
L’effort des collectivités territoriales pour
                                                             Moyenne des pays de l'OCDE                                               5,7 %
les établissements dont elles ont reçu
                                                                                    Finlande                                          5,8 %
la charge est nettement supérieur aux
                                                                                    France                                             5,9 %
dotations allouées. Ainsi, par exemple, en
2008, les régions et les départements ont                                      Royaume-Uni                                             5,9 %

dépensé pour l’équipement, la rénovation                                              Suède                                                  6,3 %
                                                                                  États-Unis                                                         7,4 %
4. TIPP : taxe intérieure sur les produits pétroliers ;
TSCA : taxe spéciale sur les contrats d’assurance.        Source : MEN-MESR-DEPP, Compte de l'Éducation



                                                                                                                         note d’information 10-01 · Page 5
5,9 %, au-dessus de la moyenne des pays                   La France se positionne différemment               activités de recherche et de développe-
de l’OCDE (5,7 %), au-dessus de l’Espagne,                selon le niveau d’enseignement. Pour               ment) est de 11 570 PPA dollars en France,
de l’Italie, de l’Allemagne, des Pays-Bas et              l’enseignement élémentaire, la France se           au-dessous de la moyenne des pays de
du Japon, mais au-dessous des États-Unis,                 situe au-dessous de la moyenne (avec               l’OCDE (12 340 PPA dollars). L’OCDE publie
de la Suède5 (graphique 3).                               une dépense de 5 480 PPA dollars6 contre           également le coût moyen d’un étudiant,
Les comparaisons internationales de coûts                 6 440 pour la moyenne des pays de                  de manière cumulée sur l’ensemble de la
moyens par élève ou étudiant restent                      l’OCDE), nettement en retrait notamment            durée moyenne des études supérieures.
délicates car les dépenses prises en compte               par rapport aux États-Unis, à la Suède, à          La France se situe, pour cet indicateur
par les différents pays ne sont pas toujours              l’Italie, mais au-dessus de l’Allemagne.           aussi, légèrement en retrait de la moyenne
homogènes (elles ne concernent parfois                    En revanche, la France dépense davantage           des pays de l’OCDE avec un coût cumulé
que le seul enseignement public).                         par élève du second degré que la moyenne           de 46 500 PPA dollars contre une moyenne
5. Source : Regards sur l’Éducation 2009, OCDE.           des pays de l’OCDE (9 300 PPA dollars              de 50 550 PPA dollars.
6. PPA dollars : la parité de pouvoir d’achat exprimée    contre 8 010 en moyenne), loin devant
en dollars est un indicateur qui permet d’établir une
comparaison, entre pays, du pouvoir d’achat des           l’Espagne, la Finlande ou le Royaume-Uni.
devises nationales en neutralisant les différences        Dans l’enseignement supérieur, la dépense                              Martine Jeljoul et
de prix. Pour ce faire, il est défini un panier de
consommation type.                                        moyenne par étudiant (y compris les                          Jean-Pierre Dalous, DEPP A3



                                                         Sources, définitions et méthodologie
 Le compte de l’éducation                                                         La dépense intérieure d’éducation
 Les résultats présentés dans cette Note d’Information sont issus du              La dépense intérieure d’éducation est la somme des dépenses suivantes
 compte provisoire de l’éducation pour 2008.                                      effectuées en métropole et dans les DOM par des financeurs résidents
 Le compte de l’éducation est un compte satellite de la comptabilité              ou non résidents :
 nationale. Il a pour but de rassembler dans une série de tableaux                – les dépenses pour les activités d’enseignement de type scolaire
 cohérents l’ensemble des flux financiers intervenant dans le domaine             ou extrascolaire de tous niveaux (premier degré, second degré,
 de l’éducation afin d’évaluer ce que coûte l’éducation à l’ensemble de           enseignement supérieur, apprentissage, formation continue) effectuées
 la collectivité nationale, d’étudier son financement, de déterminer les          dans les établissements publics ou privés ou dispensées lors de leçons
 coûts des différents niveaux d’enseignements, des différentes activités          particulières ;
 et d’évaluer les dépenses par nature.                                            – les dépenses pour les activités visant à organiser le système éducatif :
 Le domaine de l’éducation est défini par une liste d’activités : enseigne-       administration générale, documentation pédagogique et recherche sur
 ment, activités annexes (restauration et hébergement, orientation,               l’éducation, orientation ;
 etc.), biens et services liés à l’éducation (transport scolaire, livres et       – les dépenses pour les activités visant à favoriser ou accompagner
 fournitures, etc.).                                                              la fréquentation des établissements scolaires : restauration et
 Le compte de l’éducation retient deux catégories d’agents économiques            hébergement, médecine scolaire, transports scolaires ;
 intervenant dans le domaine : les unités de financement qui supportent           – les achats de livres, de fournitures scolaires et d’habillement demandés
 la dépense d’éducation et les unités de production qui réalisent les             par les institutions scolaires.
 activités d’enseignement ou les activités annexes à partir des ressources
 mises à leur disposition par les unités de financement.                          La dépense moyenne d’éducation
 Le compte de l’éducation a fait l’objet d’une profonde rénovation                La dépense moyenne d’éducation par élève pour l’année n est calculée
 finalisée en 2004 pour le compte définitif 1999 et des comptes provi-            en rapportant la totalité des dépenses dans les établissements
 soires de 2000 à 2003. En 2009, les comptes de 1980 à 2007 sont dits             publics et privés (à l’exclusion des activités de formation continue
 définitifs, le compte 2008 étant provisoire.                                     ou extrascolaires), ainsi que les dépenses des activités annexes et les
 Cette rénovation a porté principalement sur trois axes :                         biens et services rattachés ventilés par niveaux, aux effectifs d’élèves
 – intégration des DOM ;                                                          de l’année civile n calculés en prenant deux tiers des effectifs de l’année
 – nouvelle évaluation des charges sociales rattachées aux rémunéra-              scolaire n-1 et un tiers de l’année scolaire n.
 tions des personnels ;
 – nouvelle évaluation des dépenses des ménages.                                  Financement initial et financement final
 Cette rénovation a fait l’objet d’une rétropolation jusqu’en 1975 de la          La distinction entre financement initial et financement final sous-entend
 seule dépense intérieure d’éducation.                                            l’existence de transferts entre les différentes unités de financement.
 Les données financières utilisées dans le compte définitif 2007 et provi-        Par exemple, les bourses d’études constituent un transfert entre l’État
 soire 2008 ont été exploitées selon les programmes et actions mis en             et les ménages. En financement initial, les bourses seront affectées
 place dans le cadre de la LOLF, c’est à dire y compris les charges sociales      à l’État qui les verse, déterminant la charge effectivement supportée
 rattachées correspondant aux charges sociales employeur de l’État.               par cet agent, tandis que les dépenses des ménages seront évaluées
 S’agissant de l’enseignement supérieur, le nouveau périmètre de                  après déduction des bourses reçues. En revanche, si cette dotation est
 dépenses comprend la totalité des actions 6 à 12 relatives à la Recherche        comptabilisée dans les dépenses des ménages, on parlera de financeur
 universitaire (exclues jusqu’alors pour leurs parts fonctionnement et in-        final, notion qui permet d’étudier la relation entre le dernier financeur,
 vestissement) du programme 150 Recherche et enseignement supérieur.              et le producteur, ou l’activité.




DIRECTION DE L’ÉVALUATION,                                Secrétaire de rédaction : Francine Le Neveu       DEPP, Département de la valorisation et de l’édition
DE LA PROSPECTIVE ET DE LA PERFORMANCE                    Maquettiste : Frédéric Voiret                     61-65 rue Dutot – 75732 Paris Cedex 15
Directeur de la publication : Michel Quéré                Impression : Ovation                              depp.diffusion@education.gouv.fr
                                                                                                                                              ISSN 1286-9392

                                                                                                                          note d’information 10-01 · Page 6


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Catégorie :
Présentations et Exposés

Description :
Évaluation provisoire du compte

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Membre posteur :
Aramis

Date :
01.02.10

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