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Madame la Présidente de l'Assemblée Générale ,
Mesdames et Messieurs les Chefs d'État et de gouvernement,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs,
Une fois encore, la guerre a embrasé le Liban. Nouvelle manifestation de cet
interminable conflit du Moyen-Orient qui, depuis soixante ans, ponctue, par
ses tragédies, la vie des Nations Unies.
A force d'en différer sans cesse le règlement, cet affrontement est devenu
l'épicentre de l'instabilité internationale, Ia source première de
l'i ncompréhension entre les mondes, l'alibi facile de tous les terrorismes.
Il n'y a pas de fatalité à cette situation. Avec la résolution 1701, les .Nations
Unies ont pris leurs responsabilités. L'adoption, à l'unanimité, de cette
résolution a fait taire les armes. La France, "Europe, l'Asie ont contribué au
renforcement de la Finul.
Mais le feu couve toujours. II incombe maintenant à toutes les pa rt ies d'ceuvrer
à la consolidation de la paix et au relèvement du Liban.
A łsraël d'achever le retrait de ses forces. Au Gouvernement libanais
d'affirmer sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire. Aux pays de la
région, de coopérer pleinement au succès de la résolution, avec l'ONU.
Dans cette région névralgique, où nous voyons se rejoindre les lignes de
fracture, le statu quo n'est plus supportable. Parce que le conflit du Moyen-
Orient menace la paix et la sécurité du monde, le monde n'a d'autre choix que
d'apporter sa garantie à la paix. Sortons des sentiers tracés par l'habitude.
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Définissons une stratégie globale, dont la clé est le règlement
israélo-palestinien .
Chacun en connaît les paramètres : la coexistence, dans la sécurité, de deux
États viables, déjà largement admise par Ies deux peuples ; des frontières
sûres et reconnues ; une solution juste pour les réfugiés. comme pour
Jérusalem. Seule la méfiance ancrée entre deux peuples recrus d'histoire,
ivres de souffrances et d'épreuves, sépare encore Israéliens et Palestiniens de
la paix à laquelle ils aspirent.
Ne laissons plus les extrémistes dicter leur loi ! Aidons peuples et dirigeants à
avoir à nouveau l'audace de la paix ! Comme Sadate et Begin, Rabin et Arafat
avant eux ! Devant cette assemblée, j'appelle le monde à s'engager pour
rétablir les conditions de a confiance.
Qu'une réunion rapide du Quartet lance la préparation d'une conférence
internationale. Je propose que cette conférence établisse par avance les
garanties que nous sommes prêts à apporter aux parties dès qu'elles seront
parvenues à un accord. Je propose également qu'elle pose les jalons d'un
nouvel avenir au Moyen-Orient, à travers un cadre régional de sécurité
collective, l'intégration économique et le dialogue des cultures.
Mesdames, Messieurs,
Construire la paix, c'est lutter contre le terrorisme. C'est prévenir la
prolifération. C'est assumer cette "responsabilité de protéger" que nous avons
consacrée ici même l'an dernier.
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Contre les menaces de prolifération des armes de destruction massive, il faut
faire prévaloir la légalité internationale. Dans la crise avec I'Iran , la confiance a
été altérée par l'existence de programmes candestins. Nous avons fait à ce
grand pays deš offres de coopération ambitieuses, pourvu qu'il rétabłisse la
confiance en suspendant ses activités litigieuses. Le dialogue doit prévaloir.
Discutons afin d'entrer dans la négociation.
Devant la gravité des enjeux, la communauté internationale doit rester ferme et
unie. Notre objectif n'est pas de remettre en cause les régimes. II est d'assurer
la sécurité dans le respect du droit international et de la souveraineté de
chacun.
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"Responsabilité de protéger", avons nous affirmé. Au Darfour, des millions de
personnes sont menacées. Un crime contre l'humanité se prépare. Des
désordres sanglants sont à nouveau sur le point de secouer le coeur même de
l'Afrique.
La France exhorte la communauté internationale à conjurer une nouvelle
catastrophe humanitaire. J'appelle le Soudan à accepter sans délai la mission
de paix des Nations unies. J'appelle la Cour pénale internationale à rechercher
activement Ies responsables de ces crimes. Il est temps que l'Afrique, cet
immense continent, riche de ses peuples et de sa vibrante jeunesse, engagé
sur la voie de la croissance et des réformes, trouve enfin un destin digne d'elle.
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Mesdames, Messieurs,
L'humanité doit être unie et solidaire dans la diversité de ses peuples. Elle a
plus que jamais besoin d'une Organisation des Nations Unies forte et
respectée, irremplaçable instrument de souveraineté et de responsabilité
partagées.
C'est ici que doivent être défendus et protégés les droits de l'homme,
universels et sacrés. Avec le nouveau Conseil et la Cour Pénale
Internationale, l'ONU renoue avec cette vocation première. Ne décevons pas
l'espoir de tous ceux qui sont épris de liberté et de justice.
En un temps où la richesse du monde s'accroît comme jamais, le fossé qui
sépare Ies pauvres et les riches devient insuppo rtable. Depuis sa fondation,
l'ONU incarne l'obligation morale de l'équité et de la solidarité. C'est pourquoi
la France y porte "ambition de financements innovants pour le développement,
comme a contribution internationale de solidarité sur les billets d'avion,
réponse moderne et pragmatique aux besoins de la lutte contre la pauvreté et
contre les pandémies. Dans cet esprit nous lancerons cet après-midi UNITAID.
Sachons dépasser les égoïsmes, les dogmatismes, donner sa chance à l'idée
généreuse d'un monde rassemblé pour le progrès humain.
*
Enfin chacun sait qu'une activité humaine non maîtrisée est en train de
provoquer une sorte de lent suicide collectif. Seul le rassemblement des
nations autour d'engagements consentis en commun permettra de prévenir un
désastre. Créons l'Organisation des Nations unies pour l'environnement,
conscience écologique du monde, lieu privilégié de notre action commune
pour les générations futures. La France accueillera l'année prochaine, dans
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une conférence internationale, tous ceux qui veulent faire progresser ce projet
capital pour l'avenir de la planète.
Mesdames, Messieurs,
Depuis dix ans, un homme porte haut le flambeau des Nations Unies et nos
valeurs universelles. Je souhaite rendre aujourd'hui à Kofı AN NAN l'hommage
mérité de notre profonde estime et de notre reconnaissance.
Dans quelques semaines, nous choisirons un nouveau Secrétaire général.
D'immenses défis l'attendent. Il pourra compter sur le soutien de la France,
son engagement indéfectible au service de la paix et de la justice, de la
fraternité et du progrès.
Je vous remercie.
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